32 Les réseaux Queer

Éditorial

En janvier 2013, alors que Sophie Le-Phat Ho m’invitait à rejoindre le comité éditorial de .dpi, j’étais loin de penser que, près d’un an plus tard, j’allais occuper la position d’éditrice en chef par intérim pour les trois dernières parutions de la revue. Le présent numéro vient donc clore un cycle de parutions qui s’est échelonné de 2004 à 2015. Depuis sa création, la revue s’est beaucoup développée et s’est affirmée comme plateforme et espace culturel critique, libre, essentielle à l’expression de discours touchant la réalité des artistes féministes dans la société actuelle et associés au champ des arts technologiques. De part son mandat, la publication a su rejoindre et rassembler une communauté très ciblée, tout en comblant une demande.

Présentation

Au début du Web, les queer se sont rassemblés au-delà des frontières culturelles et matérielles pour façonner des identités en ligne, développer de nouvelles formes de plaisir et créer des cultures en réseaux. Cette époque idéaliste promettait que les homosexuels et les genderqueers trouveraient l’émancipation dans les communautés en ligne, laquelle embrasserait notre "soi" véritable qui autrement resterait caché dans notre "vraie" vie. Vingt ans après la naissance de l’Internet moderne – à cette époque de Grindr, de pornographie amateure et de selfies – ces perspectives optimistes sont désormais pondérées par une reconnaissance des limitations des technologies que nous avons intégrées dans la vie quotidienne.