DPI: la revue électronique du Studio XX Electronic Review::

Science-fiction ou realite? ::

14 April 2005

Des cactus aux cheveux humains, des sculptures vivantes faites de peau et d’os, des cybes et des syn permettant de modifier nos perceptions… Science-fiction ou réalité plus étrange que la science-fiction ? C’est ce que vous découvrirez dans cette parution de .dpi. Ce nouveau numéro vous présente entre autres, Cogito, une nouvelle d’Élisabeth Vonarburg, grande dame de la science fiction québécoise, un article d’Ernestine Daubner sur les artistes travaillant avec les biotechnologies et une entrevue avec Heidi Grundmann, pionnière de l’art en réseau. Une lecture à ne pas manquer!

Cactus growing human hair, living sculptures made of skin and bones, cybs and syns which allow us to modify our perceptions… Sci-fi or life stranger than fiction? Find out in this third issue of .dpi in which are included Cogito, a short story by the great Quebecois science-fiction writer Elisabeth Vonarburg, an article on artists working with biotechnologies by Ernestine Daubner and an interview with network art pioneer Heidi Grundmann. A mind expanding read!

Science-fiction et réinvention
sarah brown

La science-fiction situe généralement son action dans un monde éloigné dans le temps ou l’espace. Cette transposition vers un univers parallèle, souvent comprise comme une prédiction de ce qu’il se passerait ailleurs ou dans le futur, est en fait un choix qui permet à l’auteur de se donner l’entière liberté dans la construction de nouveaux mondes, de personnages, de sociétés, etc. dans le but de réinventer le monde réel. À l’école on se faisait dire « avec des « si » on refait le monde »... Et si justement c’était ce qu’on essayait de faire avec la science-fiction? À travers l’illusion d’évasion, la science-fiction nous rapproche de questions intimement liées à notre présent, ici. Elle nous permet d’envisager toutes sortes de variantes, de nouvelles solutions, aussi bien sur le plan matériel que philosophique. La distance créée par cet « espace-temps » inventé, permet de laisser libre cours à l’imaginaire et aux possibilités infinies qui s’ouvrent à nous lorsqu’on n’a plus peur d’utiliser le « si ».

En plaçant une bonne partie de leurs récits dans le futur, les auteurs de SF ont parfois été pris pour des prophètes des temps modernes et se sont donnés la lourde tâche de devancer la technologie et de constamment réinventer le futur. Mais à une époque où les progrès technologiques avancent aussi vite, la réalité (entre autres en ce qui à trait aux biotechnologies) a vite fait de dépasser la science-fiction. Ce qui amène la question : Vivons-nous aujourd’hui dans un monde de science-fiction? Si c’est le cas, emparons-nous de tous nos moyens, nos outils, nos mots et nos pixels, et profitons-en pour réinventer nos « espaces-temps ».