Spectatrice du désespoir (je peux rien faire) :: Par Albertine Bouquet
À Keny, Felipe, Geoffroy, Philippe, Lesane et Lucrèce Borgia qui m'ont inspirée par leur « flow » de l'enfer.
Jamais n'aurais-je cru être un jour prise à ce jeu... Je m'étais toujours répugnée à parler de mon travail de création, j'avais toujours vilipendé tous ceux qui se vouaient de façon éhontée au commentaire de leur propre œuvre. Me voilà pourtant en train d'écrire ce texte suite à l'invitation lancée par une amie qui m'est chère et dont je tairai donc l'identité pour éviter d'entacher sa réputation!
Arrêté, poisseux au départ, chanceux à la sortie
On prend trois mois, le bruit court, la réputation grandit
Les barreaux font plus peur, c'est la routine, vulgaire épine
Fine esquisse à l'encre de Chine, figurine qui parfois s'anime
IAM, « Demain, c'est loin » 1
Il fut un temps, naguère, où, paraît-il, je m'adonnais à l'écriture de textes sentimentaux et, n'ayons pas peur des mots, d'une mièvrerie que j'associerais plus tard, à tort ou à raison, au féminin — à ce féminin auquel plusieurs succombent mais dont généralement nul ne revient. Quétaine un jour, quétaine toujours! Eh bien, moi, mes chères, mes chers, je n'y suis pas restée! À l'époque, heureusement, je publiais de façon anonyme ce que j'avais alors nommé — ça donnait le ton! — des récits de fantasmes. En 2002, je bloguais avant la lettre, sans trop savoir ce que je faisais. J'écrivais un peu honteusement, dans ce refuge de geeks qu'était Live Journal 2, dans cet espace pourtant public où, croyais-je naïvement, je ne serais jamais lue que par mes semblables — naïvement puisque je n'avais pas plus jadis que maintenant une chose telle qu'un semblable.
J'écris parce que j'ai pas appris à parler, pas appris à pleurer, parce que j'explose
Parce que j'ai que ça dans la vie, et parce que la destruction est mon ex-taule
T'façon c'est ça ou rien, c'est ça ou...
Que la Vie m'excuse, mais déjà tuée par le système! Des fois c'est « plus rien à foutre! »
Keny Arkana, « Dur d'être optimiste » 3
Je dis « honteusement » mais ça existe encore! Je ne me suis jamais résolue à effacer ces textes. Je n'efface d'ailleurs jamais rien, mes archives sont disponibles à ciel ouvert! Quiconque souhaite les trouver les trouvera! Avec le reste! Je ne fais pas de distinction! Il y en a qui effacent la moindre trace de leur passage, moi je conserve tout. J'ai beau déclarer avec Adorno qu'« on ne doit pas estimer qu'une chose mérite d'exister pour la simple raison qu'elle se trouve là , qu'elle a été écrite 4 », je ne suis gênée de rien, j'expose tout, j'estime que je mérite d'exister pour la simple raison que je me trouve là , j'emmerde le web avec mes petits écrits, la genèse de ma grande œuvre à venir, la prochaine Comédie humaine , alors que je ne suis même pas une écrivaine, même pas une publiée sur papier! Alors là , faites-vous pas d'idée! Si je ne suis pas publiée c'est que ça ne m'intéresse pas! J'encule le Livre avec ses quelques centaines de lecteurs en circuit fermé! Moi, je vise la planète!
Petit présomptueux ne vois-tu pas le nombre
Déployé? L'armée des ombres, tu seras éliminé
Au nom des forces mythiques qui habitent lÃ
Dans mon cerveau, je donne pas cher de ta peau
IAM, « L'empire du côté obscur » 5
Mais avant de viser quoi que ce soit, j'ai erré, consigné mes traces sur mon blogue, sous l'emprise de la fascination, et découvert une loi irréfutable. Les caves ont une utilité : ils nous font écrire. Même le dernier des imbéciles et des médiocres finis nous révèle une vérité à partir de laquelle on réussit à écrire. Le seul problème, c'est qu'elle s'épuise rapidement et que sa découverte nous entraîne dans une dangereuse mélancolie. J'ai perdu mon temps à donner de la chair à ce qui en était dépourvu, à regretter l'événement qui n'avait pas eu lieu — malgré tous mes efforts, mes petites écritures ne rendaient rien de plus concret, ne provoquaient rien. Je m'adonnais au récit de fantasmes, à l'inscription de mes désirs obscurs – c'était aussi l'adresse de mon blogue : http://desir-obscur.livejournal.com . Trois ans d'hésitation et une année de silence plus tard, je suis revenue en force en 2006. J'en avais rencontrés beaucoup des imbéciles! Ça a décollé vite. On dira ce qu'on voudra à son sujet, la haine, ce n'est pas quétaine. C'est déjà ça de pris. Un pas de plus vers la réalité! J'étais dès lors un peu plus prête pour affronter le monde, le secret de ses haines.
Now tell me how that sound?
A double date laced with hate, make 'em pray for the judgement day
Now tell me how that sound?
A double date laced with hate, make 'em pray for the judgement day
2pac, « Soldier like me » 6
Toujours à la même adresse, j'ai commencé à écrire sous mon nom : Albertine Bouquet. Je suis passée de jolis récits érotiques lancinants à des écrits énergiques et obscènes. Je ne faisais plus dans la dentelle! J'ai rebaptisé mon blogue Albertine retrouvée . N'allez pas croire que j'ai la référence facile! J'avais de grandes ambitions! Je n'imaginais pas que je possédais la maîtrise de Proust mais j'avais de la verve et, surtout, je partageais son goût pour la représentation des vices. Puis, c'était vrai que je m'étais retrouvée…
Dis leur : pour foncer j'attends pas leur signal
Je veux pas signer, qu'il y a pas de pseudo gangsta chez moi
Car j'ai pas de potes chez les résignés
Dis leur que je ne fermerai pas ma gueule même dans l'adversité
Que peu importe ce qui m'attend, ce qui m'accueille
Je marcherai vers ma vérité
Keny Arkana, « Le missile est lancé » 7
Mon goût pour la pornographie fut le moteur de mon retour à l'écriture. En écrivant quelques textes autour de cette passion s'est imposée à moi une esthétique de la brutalité. Il ne fallait désormais épargner personne et certainement pas moi-même! J'avais renoncé à évoquer mes désirs en cachette. J'étais bien décidée à les envoyer à la face du monde. Je n'étais plus une jeune fille tendre et sentimentale, celle que M. et Mme Bouquet avaient vu grandir en banlieue. J'étais bien résolue à leur faire peur à eux et à tout le monde! S'il advenait que mes tendres géniteurs découvrent mes textes, évidemment… Je n'allais quand même pas leur mettre sous le nez… Il n'y a toutefois aucune chance que ça arrive, qu'ils apprennent que leur Albertine est une fille indigne : ils ont toujours su s'empêcher de regarder là où il ne fallait pas. À la fin d'une longue lignée de prolétaires craintifs et résignés, il y a moi qui ne laisserai pas les choses se dérouler de la sorte! À la fin d'une longue lignée de femmes qui se sont préservées de tout danger d'être souillées au contact de la viande, il y a moi déterminée à jouir pour dix!
Je verse un verset pour ceux qui attendent leur tour
Et ceux qui ne rigoleront plus
On baissera pas les bras
On n'est pas né pour ça
Même vaincu, on se jettera dans la bataille
Pour l'honneur, comme un samouraï
Shurik'n, « Samourai » 8
Fallait m'annoncer : j'ai rédigé un manifeste 9. Il n'était pas assez belliqueux mais à l'époque je n'y pensais pas, ça ne me dérangeait pas. J'y évoquais un « nous » qui n'existait pas. J'étais seule mais ça ne me gênait pas. Les alliés viendraient. Et s'ils ne venaient pas, tant pis. Ça s'intitulait « Manifeste pour une pornographie intellectuelle ». J'y dévoilais ma poétique, sous l'influence de la découverte de ma brutalité et sous l'effet de mes dégoûts littéraires, de la littérature érotique en particulier. Je ne faisais pas pour autant cavalier seul, j'y évoquais de grands maîtres : Sade, George Bataille, Jean Genet, Hervé Guibert et Louis-Ferdinand Céline. J'ai mis à exécution ce programme et dépeint l'entrechoquement des corps, le contact stérile avec des corps touchés dans un passé proche ou lointain, avec des corps recomposés, amalgames de plusieurs individus. Faut pas s'imaginer que mes textes étaient sinistres! J'avais relégué ma mélancolie ainsi que toute trace d'attendrissement aux oubliettes. J'écrivais en rigolant, retraçais avec indifférence les épisodes qui me conduisaient tout droit vers la perte de mon humanité.
Disrespected niggaz don't show no love
Why you trying to be hardcore, you fucking homo-thug
And don't be sensitive and angry at the shit that I wrote
Cuz if you can take a fucking dick, you can take a joke
I choke your friends in front of you, to prove that you fallen off
And you won't do shit about it, like the church during the holocaust
Immortal Technique, « Obnoxious » 10
Parallèlement à ces récits où je mettais tout naturellement en application les codes de mon manifeste, je me suis lancée un jour dans l'élaboration d'un feuilleton, L'Avarie des viandes , où je donnais libre cours à mes obsessions. Mon unique projet était de ressasser et vitupérer, ce à quoi je parvenais sans peine. Pourtant, au fil du temps, une véritable communauté s'est formée, communauté que je me suis créée avec des gens bien réels mais à qui je ne parlais jamais: Julien Marchand, Philippe Séguin, Édith Faure, Réjean Lambert et l'Empoisonneuse. Faut dire que je ne parle pas beaucoup et que je suis peu fréquentable. Je me plais à décourager d'emblée toute tentative de rapprochement. J'ai donc entrepris d'inventer des échanges fictifs avec des interlocuteurs métamorphosés, avatars malgré eux. L'intimité avec mes amantes et amants était, pour sa part, bien réelle, quoique ceux-ci étaient toutes et tous disparus, quoique ceux-ci disparaissaient toutes et tous au fur et à mesure, mais il m'a fallu inventer les contacts intellectuels. Ma solitude demeurait intangible malgré moi. Soudainement, grâce à ces avatars, une brèche s'est ouverte au creux de celle-ci.
Mécontent des schémas qu'on nous propose, je cultive maintenant
les roses dans mon microcosme.
Mesure les dégâts minimes que mon micro cause.
Ça ne peut qu'aller mieux alors j'attends la fin de leur monde
Akhenaton, « La fin de leur monde » 11
Aux suites d'une aventure torride amorcée au célèbre bar Davidson de la rue Ontario — là où les femmes sont plus que bienvenues, est-il précisé en grosses lettres sur la vitrine, là , aussi, où les écrans diffusent en simultané matchs sportifs et films hardcore —, le récit que j'en ai fait a introduit un acteur inédit jusque-là dans mon blogue : Hochelaga-Maisonneuve. Progressivement, la description de ce cher quartier où j'habite depuis plusieurs années a gagné en importance et sorti mon blogue du thème sexuel dans lequel je l'avais jusque-là presque entièrement confiné. Celui-ci était dès lors prêt à s'inscrire dans le monde. La sexualité m'avait lancée, j'étais maintenant prête à tout affronter. Parmi d'occasionnels récits pornographiques, où la sexualité continuait à tenir lieu d'événement, je me suis tournée vers ce à quoi elle m'avait toujours paru s'opposer : le quotidien, le mien et celui du monde, ce qu'on nomme « l'actualité ». Les moments culminants ont cessé d'être mon unique centre d'intérêt. C'est ainsi que mes écrits ont commencé à intégrer plus directement le monde en leur sein et à construire une galerie de personnages.
I fire rockets at generic topics
Your lyrics don't hold weight
Like two-dimensional objects
Immortal Technique, « Hollywood Drive-by » 12
Les thèmes avaient peut-être changé, à mon ancien sujet de prédilection avaient beau s'en être ajoutés plusieurs, le ton était resté le même : brutal. D'entrée de jeu, j'avais annoncé mes couleurs en déclarant dans mon manifeste : « Le texte pornographique refuse d'admettre des expressions aussi consacrées qu'insensées que ‘'faire l'amour ‘'. Le pornographe intellectuel, revenu de tout, sait distinguer sexe et sentiments; il ne désire pas leurrer qui que ce soit à ce sujet. Les personnages baisent, fourrent, copulent, forniquent, se mettent, etc. » Je n'avais certainement pas changé d'idée. Quand on est revenu de tout, on ne revient pas en arrière. Au nom de la recherche de la vérité, de la mise à mal des faux-semblants, je persistais à dépeindre les relations humaines d'une manière cynique. Et comique. Je n'étais pas tellement gênée par la déchéance que j'observais et racontais, convaincue que j'étais que la seule chose qu'il restait à faire de ce monde sinistre était d'en rire. Non plus l'interpréter, non plus le transformer, seulement en rire. Pour sauver ma peau. Et puis pour en faire quoi? À quoi bon sauver sa peau dans un monde détruit?
Réveillez-vous, ils nous ont déclaré la guerre,
Réveillez-vous, peuple du monde et enfant de la terre,
Réveillez-vous avant le point de non-retour,
On aura besoin de tout le monde tout le monde tout le monde !
Réveillez-vous, car demain sera pire encore
Keny Arkana, « Réveillez-vous » 13
Sans que je ne m'en rende trop compte, au cours des derniers mois, j'ai peu à peu cessé d'écrire. Mes billets se sont raréfiés. Je ne savais pas pourquoi, je ne me le demandais pas non plus. Je succombais de plus en plus souvent au silence et puis c'est tout. J'avais quantité de récits en tête mais je ne les mettais jamais en forme. La position confortable dans laquelle je m'étais définitivement installée avait commencé à m'ennuyer. Puis à l'ennui avait succédé le dégoût. Des dizaines de textes n'ont ainsi jamais atteint la surface. Et j'aurais pu continuer longtemps ainsi. N'eût été de cette promesse d'article à .dpi qui m'a suivie pendant des mois, sans trop savoir jusqu'à la pénultième minute, jusqu'à risquer une nouvelle disparition ce que j'en ferais et qui m'a finalement contrainte à me confronter à mon silence. Je me suis retrouvée devant cette terrifiante question : à quoi bon écrire dans un monde détruit?
Mais bien sûr si je pense que la pensée moderne est dans son essence cynique, cela ne m'empêche pas de détester les intellectuels et particulièrement ceux que je vois au Québec. D'une part, il est vrai, je ne supporte pas les cyniques. Je les exècre. Je les connais, j'ai fait mes études avec eux, je travaille avec eux. Je n'ai pas à les fréquenter. Je parle ici des cyniques qui s'ignorent, parce que personne n'accepterait d'avouer son cynisme. Nous sommes tous si engagés dans notre travail, nos activités, nos écrits, notre participation à la littérature et à la science littéraire ! Le cynisme pour moi n'appartient pas à ceux qui se réclament de lui. C'est là la perversion cynique. Elle n'occupe jamais la place qu'on lui assigne.
Catherine Mavrikakis 14
Je rêve d'une milice de femmes et d'hommes furieux, bouleversés par le désastre et capables de juger, qui défendraient une pensée de la vie juste, d'une milice qui rendrait vivante la théorie et la littérature. Il s'agit dorénavant du seul événement qui m'apparaît désirable. Longtemps, j'ai perdu mon temps à regretter l'événement qui n'avait pas eu lieu. Puis j'ai cessé de le faire, et j'ai commencé à mépriser l'inaccompli. Désormais, l'événement qui n'a pas eu lieu ne m'intéresse plus, l'événement qui n'a pas eu lieu m'apparaît méprisable. Le ressassement autour de l'événement prétendument raté est pathétique et lamentable. N'a d'intérêt que l'événement à venir, l'événement orchestré autour de ces questions : pourquoi écrire dans un monde détruit? Et quoi écrire? L'apologie des petits bonheurs au quotidien, sous le signe de laquelle est placée une si grande partie de la littérature contemporaine, ne constitue pas une réponse au cynisme, comme elle l'affirme parfois de façon éhontée, elle n'est pas son envers. Elle est son achèvement mensonger et fatal qui consent à la catastrophe en détournant son regard afin que le bonheur puisse se perpétuer dans l'intimité. Mais ce n'est pas comme s'il s'agissait d'une avenue qu'il m'eût été possible d'envisager... Il n'y a pas de doute, il me faudra écrire autrement. Plutôt me taire que de rire, complice résignée de l'horreur. Plutôt me taire que d'observer froidement la catastrophe, d'être « sur Lisbonne fumante Kant froidement penché » (Beckett 15). Je dois y laisser ma peau, c'est certain.
Notre avenir, c'est la minute d'après le but, anticiper,
Prévenir avant de se faire clouer.
IAM, « Demain c'est loin » 16

1 IAM, « Demain c'est loin » in L'école du micro d'argent , Virgin, 1997.
3 Keny Arkana, « Dur d'être optimiste », in L'esquisse , Street-Album [2005] réédité sous l'étiquette Because Music, 2007.
4 Theodor W. Adorno, Minima Moralia , Paris, Payot, 2001, p. 93.
5 IAM, « L'empire du côté obscur » in L'école du micro d'argent , Virgin, 1997.
6 2pac,« Soldier like me (Return of the Soulja », in Loyal to the Game , Amaru, 2004 (album posthume).
7 Keny Arkana, « Le missile est lancé », in L'esquisse , Street-Album [2005] réédité sous l'étiquette Because Music, 2007.
8 Shurik'n, « Samouraï », in Là où je vis , Virgin, 1998.
9 Albertine Bouquet, « Manifeste pour une pornographie intellectuelle », http://desir-obscur.livejournal.com/9070.html
10 Immortal Technique, « Obnoxious », in Revolutionary vol. 2 , Viper Records, 2003.
11 Akhenaton, « La fin de leur monde », in Soldats de fortune , Virgin, 2006.
12 Immortal Technique, « Hollywood Drive-by », in The 3rd World , Vipers Records, 2008.
13 Keny Arkana, « Réveillez-vous », in Désobéissance , Because Music, 2008.
14 Mathieu Arsenault, « Colère et tragique vs pensée cynique. Catherine Mavrikakis, Médée et Diogène », OVNI Magazine , hiver 2009, numéro 2, p. 16.
15 Samuel Beckett, Poèmes suivi de mirlitonnades , Paris, Minuit, 1999, p. 14.
16 IAM, « Demain c'est loin » in L'école du micro d'argent , Virgin, 1997.
Biographie
Née dans une quelconque banlieue québécoise, c'est-à -dire tout juste à côté de chez vous, le 2 septembre 1980, Albertine Bouquet est une nymphomane notoire, une intellectuelle lubrique et également une écrivaine. Elle partage sa vie avec une femme, un homme et trois chats. Elle a lancé en 2002 un blogue littéraire, auquel elle a donné un véritable corps à partir de 2006 : http://albertine-retrouvee.net. Après un obscur quoique trop long passage dans le milieu universitaire, Albertine Bouquet se consacre tout entière à la littérature, qu'elle étudie désormais à sa façon.
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Traduction :
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Tania Perlini
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