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Chroniques

Projet Femmes codées : La «burqa mini-jupe», comment résister? :: Par Arkadi Lavoie Lachapelle

RĂ©sumĂ©  : Le collectif fĂ©ministe et anonyme Les AffrontĂ©es prĂ©sentait, le 19 fĂ©vrier 2010, Ă  la galerie L'art passe Ă  l'Est de MontrĂ©al, Femmes codĂ©es, une performance mettant en scène deux femmes vĂŞtues d'une «burqa mini-jupe» et de chaussures rouges Ă  talons hauts dans un contexte de speed dating, dans   lequel   le public Ă©tait invitĂ© Ă  participer. Ces deux femmes «hybrides» remettaient en question la signification de ces symboles qui sont jugĂ©s antinomiques. Dans le but d'Ă©valuer et de comprendre les enjeux de lutte de ces artistes et leurs moyens utilisĂ©s pour renouveler la pratique de la violence comme outil de revendication fĂ©ministe, j'ai contactĂ© le collectif pour leur proposer, Ă  mon tour, un speed dating «intellectuel». L'entrevue tente de cerner leur proposition comme action de rĂ©sistance Ă  la modĂ©lisation de l'identitĂ© dite «fĂ©minine».

photo Femmes codées, 2010
Photographie de la performance Femmes codées (sans la mise en scène du speed dating ) au Café des Arts de l'UQAM dans le cadre de la Journée internationale des femmes, présentée le 9 mars 2010.

Le confinement d'Élisabeth :: Par Albertine Bouquet

Résumé
Dans cette chronique, Albertine Bouquet fait une lecture littéraire et féministe du film Lost Song de Rodrigue Jean, dans laquelle elle suit le parcours d'Élisabeth, personnage principal du film. Elle retrace l'apparition graduelle d'une violence qui conduit Élisabeth vers un terrible drame.

Lorsque je suis rentrée dans la salle de cinéma, la toute petite salle du Cinéma Parallèle, pour voir Lost Song le dernier film de Rodrigue Jean, je ne m'attendais à rien. À un bon film, certes, parce que j'avais adoré Yellowknife , son film de fiction précédent. Toutefois, je ne savais même pas de quoi parlait ce film. Je ne me pose généralement pas cette question.

Chronique Web :: The Panty Raiders :: Marianne Cloutier

Le Web est l’endroit de prédilection pour la tromperie, la mystification et le canular. Les identités y sont brouillées, multiples, indéfinies. Derrière le site commercial de la Panchira Corp, une entreprise high-tech de Tokyo proposant un produit révolutionnaire mais controversé, les Forget Me Not Panties, se cache en fait un collectif d’artistes new-yorkaises : The Panty Raiders.

Chronique londonnienne :: Sustainable Art as a Combat Sport :: Sophie Le-Phat Ho

RĂ©sumĂ©: Sophie Le-Phat Ho (rĂ©dactrice-en-chef de .dpi en 2005-06) agit cette annĂ©e Ă  titre de chroniqueuse, nous rapportant ses dĂ©couvertes directement de Londres, au Royaume-Uni, oĂą elle a Ă©lu domicile temporairement. La prĂ©sente chronique portant sur les effets de la gentrification sur un centre d’arts mĂ©diatiques, [ space ] studios, dans Hackney est la première d’une sĂ©rie de trois intitulĂ©e “les chroniques londoniennes”…

Contrainte/Restraint :: par Nathalie Bachand

Contrainte/Restraint fut prĂ©sentĂ©e par le Groupe Molior en novembre et dĂ©cembre dernier Ă  OBORO et Ă  la Maison de la culture Marie-Uguay. Cette exposition collective – sous le triple commissariat de Julie BĂ©lisle (MontrĂ©al), Kiki Mazzucchelli ( SĂŁo Paulo) et Miguel Zegarra (Lima) – rĂ©unissait alors neuf artistes du PĂ©rou et du BrĂ©sil, sous la thĂ©matique de « la contrainte et de ses effets de contrĂ´le dans la vie de tous les jours Â». Lima et SĂŁo Paulo sont en effet exemplaires de contextes culturels et sociaux politiques oĂą la modernitĂ© s'inscrit parfois par la force. La gravitĂ© et la pression exercĂ©es par la force des choses – l'air du temps –, sont Ă  la fois les conditions d'une ouverture, d'un espace de partage au-delĂ  des frontières, et celles d'une rĂ©sistance nĂ©cessaire : force contraire que créée l'effet de contrainte. Rencontrant la pratique artistique, la contrainte se retrouve le plus souvent retournĂ©e sur elle-mĂŞme Ă  travers la subversion de ses propres stratĂ©gies, elle devient l'arme et le fondement d'un discours de rĂ©sistance et Ă  dĂ©faut de la voir disparaĂ®tre, elle sera du moins mise Ă  l'Ă©preuve. C'est ainsi que les propositions artistiques de Contrainte/Restraint « rĂ©sistent Â», en prenant appuis dans les post-dĂ©clinaisons de la modernitĂ©, la forçant Ă  se regarder via ses propres stratĂ©gies mĂ©diatiques.

Grand Canyon Rodrigo Matheus
Rodrigo Matheus, Grand Canyon (2008), OBORO.
Photo : Paul Litherland.

Restaurer l'éphémère, transmettre la révolte : Rencontre avec Maria Klonaris et Katerina Thomadaki :: par Émilie Houssa

Résumé

La chronique « dans l'atelier Â» se dĂ©localise pour ce numĂ©ro. Je me suis rendue Ă  une rĂ©trospective de l'Ĺ“uvre de Maria Klonaris et Katerina Thomadaki qui s'est donnĂ©e Ă  Valence, en France, les 21 et 22 janvier 2010 au Lux, scène nationale. Ces artistes prĂ©sentent un travail exceptionnel dans ce que l'on nomme rapidement le cinĂ©ma expĂ©rimental qu'elles prĂ©fèrent toutefois identifier comme un « regard cinĂ©plastique Â». Le Lux de Valence organisant une rĂ©trospective assortie d'une journĂ©e d'Ă©tude sur la sauvegarde des avant-gardes, il m'a semblĂ© particulièrement pertinent de documenter pour .dpi un travail empreint d'une pensĂ©e et d'une action rĂ©sistante. J'ai donc eu la chance 1 d'aller rencontrer ces artistes, ce qui m'a permis de voir une belle part de leur travail, mais aussi de rĂ© flĂ©chir avec elles sur cette problĂ©matique on ne peut plus rĂ©sistante : comment conserver, transmettre et partager l'expĂ©rimental? Comment transmettre des propositions rĂ©sistant Ă  un système dont dĂ©pendent, souvent, leurs conditions de monstration et de conservation? Comment, mais aussi pourquoi, transmettre l'expĂ©rience d'un mouvement fragile, en construction, un mouvement mĂ©moriel parce qu'inscrivant la violence quotidienne d'une rĂ©sistance nĂ©cessaire?

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Première de couverture du programme de la rétrospective Klonaris/Thomadaki au Lux, scène nationale de Valence. Maria Klonaris dans Unheimlich I : Dialogue secret.
Copyright photo : Klonaris/Thomadaki. Tous droits réservés.

Il n'y a plus rien d'innocent :: par Albertine Bouquet

Résumé

Nous n'en aurions pas encore fini avec la Deuxième Guerre mondiale. C'est ce que nous dit le roman Le Ciel de Bay City de Catherine Mavrikakis où la narratrice, Amy Rozenweig-Rosenberg, ne peut faire autrement qu'adhérer à cette mémoire. L'histoire familiale de sa mère, qui résiste contre son passé, resurgit malgré elle dans le sous-sol d'une maison usinée du Michigan où Amy fait une étrange découverte.

On peut dire que je suis gĂ©nĂ©reuse de ma personne. Je n'ai pas peur de m'offrir en pâture pour l'amusement de mes lecteurs. Il faut bien que la honte serve Ă  quelque chose. N'empĂŞche, il m'arrive, comme en ce moment, de me dire que je devrais cette fois me retenir de partager un de ces moments dont je suis peu fière. Et puis, Ă  quoi bon? Pourrais-je trouver un meilleur moyen d'introduire ma chronique? Certes pas ! Alors allons-y gaiement !

Chronique « Dans l’atelier » avec Johanna Vaude :: Par Emilie Houssa

Résumé

Cet Ă©tĂ©, je suis allĂ©e trouver Johanna Vaude, artiste vidĂ©aste et rĂ©alisatrice expĂ©rimentale française, dans son « chez-elle-atelier Â» aux environs de Paris. Johanna m'accueille dans son salon entre des meubles en bois recyclĂ©s, une dame-lampe et un chat gris-bleu. Cet atelier/salon, elle le nommera, dès le dĂ©but de notre entretien, « sa chambre Ă  elle Â» (et « avec vue Â», en rĂ©fĂ©rence Ă  Virginia Woolf). Une chambre Ă  soi, lieu d'expĂ©rimentation, de recherche et de vie oĂą le travail et le quotidien s'immergent, se confondent et se composent l'un l'autre pour faire de cette pièce un espace de crĂ©ation.

Une chambre Ă  soi

« elles@centrepompidou » : la toute première fois » :: Par Maxime Philippe

Résumé

Dans cette chronique, il est question de l'exposition « elles@centrepompidou Â» en tant qu'expĂ©rience de la première fois radicale. Il s'agit de la première fois qu'un musĂ©e national, le musĂ©e d'art moderne, centre George Pompidou, Ă  Paris, prĂ©sente un accrochage de ses collections, dans lequel   le critère du genre intervient : seule les Ĺ“uvres de femmes artistes sont exposĂ©es. Il s'agit aussi d'un Ă©vĂ©nement au moment oĂą la conscience française s'ouvre aux thĂ©ories des queer and gender studies venues d'outre-Atlantique, longtemps tenues pour non-pertinentes, toujours aussi impertinentes, un Ă©vĂ©nement qu'on pourrait qualifier de performance fĂ©ministe. Quelque chose se produit, j'ai tâchĂ© de « relater, relayer, relier Â» cette impression.

  Une apparition, un Ă©vĂ©nement, c'est ce que j'ai ressenti en visitant l'exposition « elles@centrepompidou Â». J'avais pourtant en tĂŞte un certain nombre d'objections Ă  un tel projet, Ă  sa lĂ©gitimitĂ©, celles-lĂ  mĂŞme que repousse Camille Morineau dans son introduction au catalogue de l'exposition 1 : pourquoi une exposition exclusivement d'artistes femmes maintenant? N'est-ce pas trop tard? Pourtant, j'ai conscience du retard en la matière de la France du point de vue social, politique et universitaire.

Le sort du monde :: Par Albertine Bouquet

RĂ©sumĂ© : Contrairement Ă  ce qu'on en a dit, l'Ĺ“uvre de Nelly Arcan ne se contente pas de dresser quelques critiques convenues sur notre sociĂ©tĂ© actuelle, mais rĂ©flĂ©chit de façon plus globale au sort du monde et Ă  l'effondrement de l'humanitĂ©. Cette chronique propose une relecture de ses romans peu après son suicide. Elle tente de comprendre la position singulière de l'Ă©crivaine au sein de ce monde qu'elle dĂ©crit.

                                                                                         Un nageur, pour moi, c'est dĂ©jĂ  un noyĂ©.

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